Montée au Couvercle

Pour ce week-end du 14 juillet, il nous fallait un bel objectif qui nous permette de patienter jusqu’aux vacances. Rien de tel qu’une bonne montée au Couvercle et qu’un sommet encore jamais atteint : les Droites.

Ça faisait bien longtemps que nous n’étions pas retourné au Couvercle et comme à chaque fois cette belle marche d’approche nous permet de prendre le temps de nous rendre compte que nous rentrons dans le saint des saints : contournement du Moine qui nous laisse entrevoir la Verte, puis les Droites, puis les Courtes, Ravanel et Mummery, la Pointe Isabelle… passage obligé avec embouteillage aux Egralets, nous ne seront pas seuls ce soir au refuge… Et le fait est… que le refuge est blindé, mais l’ambiance est très bon enfant.

Réveil à 2 heures du matin, petit déjeuner dans le gaz, préparation des sacs et rencontre avec François Marsigny, que nous avions aperçu la veille. Comment l’aborder en 2 minutes alors qu’il est à côté de nous en train de faire son sac ? Je lui demande : “Vous êtes François Marsigny ?” Lui, vraiment surpris qu’on l’emmerde à é heures du mat : “Oui ?!?”. On est des amis de Christophe et Aude Legeais avec qui on fait de la montagne…” Ah oui ! d’accord, ah! c’est avec vous la Renaudie au Requin ?” “Oui, oui…” “Christophe nous parle souvent avec émotion de son bivouac à l’Eiger…” Échange sympa… nous lui expliquons notre itinéraire de la journée, lui, il part avec sa cliente pour l’Arête du Jardin. 

Ascension

Descente

Un autre guide part aussi pour les Droites. Il décide de faire l’itinéraire en sens inverse. Et effectivement nous nous retrouverons presque au sommet.

Depuis le refuge du Couvercle, nous gagnons le glacier de Talèfre que nous remontons jusqu’au contrefort est des Droites. Nous remontons ensuite un couloir assez raide qui nous conduit au pied d’un ensemble de terrasses et faces en rocher et glace mixte parfois malaisé. On enchaine plusieurs fois ce type de passage, en alternance avec des passages en neige, jusqu’à finalement atteindre le sommet. 

Le temps est mitigé et nous arrivons sous un mélange de nuages, brume et soleil voilé. La vue n’est pas dégagée mais l’ambiance est à la hauteur du sommet. On est quand même à plus de 4000 et l’itinéraire, très varié, n’est pas si aisé que ça…

Nous restons très peu au sommet car nous craignons que le temps se dégrade davantage. Nous trouvons facilement le départ des rappels, il y en a bien 6 ou 7. L’ambiance est énorme.

Il faut se dépêcher car la neige transforme vite. Nous enchaînons donc sur des grandes pentes enneigées, d’abord face à la pente, car elles sont bien raides, puis dos à la pente. De jour les distances sont bien plus impressionnantes que la nuit, et cet itinéraire de retour n’en finit pas.

Nous uittons les pentes neigeuses du col des Droites vers 13 heures pour entamer une longue marche sur de la moraine qui casse bien les chevilles et les cuisses, jusqu’à enfin atteindre le glacier de Talèfre. Nous contournons le jardin de Talèfre par en dessous.

Je suis tellement contente de retrouver la glace, beaucoup moins usante que les océans de cailloux morainique : le plaisir tient parfois à peu de choses… Mais pour peu de temps car nous rejoignons l’autre moraine du glacier qui finit par nus conduire au pied du chemin d’accès au Couvercle…complètement défoncé par les perpétuels mouvements de terrain. Il est maintenant équipé de cordes sur lesquels il faut se hisser pour prendre pied.

14h30 : refuge, 2 coca, note réglée, au revoir, merci et à bientôt peut-être.

15 heures, départ du refuge, il n’est pas encore temps de profiter de notre course, il faut impérativement être au Montenvers pour le dernier train si on ne veut pas s’envoyer 2h1/2 de rails en plus.

Comme à l’accoutumée, le retour se fait au pas de course, voire de super course. Une mini pause à la descente des échelles des Égralets pour croiser ceux qui montent. Ultra mini pause quand on reprend pieds sur la Mer de Glace pour boire un coup.

Dernier coup de collier dans les échelles du Montenvers pour avoir… le dernier train. Nickel !! Dernier coup d’œil sur les Drus, je rêve déjà à la prochaine.